Quelques heures de l'autre côté,
De l'autre côté du miroir
Où tout est nimbé de brouillard.
J'y ai trouvé repos et douceur,
Et j'ai connu là-bas une douce torpeur.
Mes plaies y ont été pansées,
Et mon esprit s'est libéré.
Là-bas j'ai trouvé la pleinitude,
Et malgré un sentiment de solitude,
Je me suis sentie entourée,
Cajolée, guidée, et par-dessus tout aimée.
Ici mon corps a dû souffrir,
Mais mon esprit a décidé de ne pas s'en souvenir.
De toutes les choses désagréables qui me sont arrivées,
Mon esprit n'a absolument rien voulu garder.
Puis, lentement, je suis revenue
De ce côté-ci, comme on traverse une rue.
De l'autre côté, je n'ai gardé
Que l'étrange impression d'avoir tout rêvé.
Il m'arrive encore quelques fois d'y retourner,
Pour quelques heures volées à la réalité ;
Alors, de ce que je vis, je ne suis plus l'actrice,
Mais je le vois en simple spectatrice.
J'aime ce sentiment de liberté
Que je ressens dans ces instants volés,
Cette impression que rien ne peut m'arriver,
Puisque je ne le vis pas, je l'ai rêvé.
C'est un endroit étrange et mystérieux,
Dont on revient épuisé, mais heureux.
Qu'il faisait bon sombrer dans le sommeil
Et se laisser guider dans cet univers de merveilles.
Je suis de retour ici-bas désormais,
Mais je crois que je n'oublierai jamais
Cette douce torpeur, ce havre de paix,
Où mon esprit m'a conduite pendant que mon corps souffrait.
De nouveau dans mon corps aujourd'hui,
Je reprends doucement le cours de ma vie,
Et il ne me reste de cette aventure,
Que quelques bosses et quelques courbatures.
Mais je vous le dit, n'ayez pas peur
D'aller de l'autre côté lorsque ce sera l'heure.
Je n'en ai aperçu que le seuil l'espace de quelques heures,
Mais tout n'y est que douceur et bonheur.
Lady Evil – le 13/10/07