METAMORPHOSE

A l'horizon, la nuit se déchire lentement.
Le ciel s'allume, l'aurore pointe doucement.
La brume monte des champs labourés.
Le soleil se lève derrière les collines boisées.

Dans la fraîcheur de ce matin d'automne,
Au lointain une cloche sonne.
Tout est paisible et ordonné,
Le jour se lève, nos vies vont commencer.

Dans les arbres voisins les corbeaux se réveillent
Leurs cris résonnent et saluent le soleil.
C'est un matin heureux dans un monde ordinaire,
Mais qui n'est pourtant, pas si loin de l'enfer.

Quelque part, alentours, un homme se lève aussi.
Comme chaque jour, à la même heure, il sort de chez lui,
Salue ses voisins du même geste de la main,
Relève son col et part prendre son train.

C'est un homme parmi tant d'autres,
Anonyme dans la foule quotidienne.
Il a des amis, c'est peut être même le vôtre,
Mais derrière son sourire se cachent les crocs d'une hyène.

Ce soir, comme tous les jours, cet homme rentrera,
Il refermera sa porte, tout comme vous et moi.
Pendant que tranquillement ses voisins s'endorment,
Sa raison vacille, son regard se transforme.

Au milieu de la nuit froide, il erre dans les rues
Longeant les murs pour ne pas être vu.
Puis il repère une porte qu'il va sans peine forcer...
Là, il pourra enfin laisser sa folie s'exprimer.

Il tuera sans pitié, torturera sans remords,
Le c½ur gorgé de haine, ses mains donneront la mort,
Et sa pauvre victime, choisie par hasard,
Se videra de son sang dans la peur et le désespoir.

Puis il rentrera chez lui, satisfait et apaisé,
Après une douche il ira simplement se coucher.
Les cris des corbeaux dans la brume du matin
Lui diront qu'il est heure d'aller prendre son train.

Cet homme vous le croisez tous les jours,
Il est aimable et doux, et semble déborder d'amour.
Que s'est-il passé, d'où vient une telle cassure,
Qui fait d'un homme bien, une véritable ordure ?

Ce monstre sanguinaire ne l'a pas toujours été,
Il y a quelque part une mère qui l'a aimé.
Comment a-t-il basculé jusqu'à devenir fou ?
Pourquoi est-ce arrivé à lui, et pas à vous ?

Dans les arbres voisins les oiseaux nocturnes
S'éveillent à la vie en saluant la lune.
C'est une nuit froide dans un monde ordinaire,
Mais qui n'est pourtant, pas si loin de l'enfer.




LADY EVIL – 29/09/2003

# Posté le lundi 20 octobre 2008 16:08

AMOUR INTERDIT

Elle l'aime, Lui la Bête, le Damné, le Maudit,
En dépit de toutes les convenances,
Malgré tous les interdits,
C'est à Lui, que sans cesse elle pense,
Car elle L'aime et Lui offre sa vie.

Cet amour n'est pas le fruit du hasard,
Il a grandit en elle, au fil des saisons,
Devenant plus fort encore chaque soir,
Quand les hommes revenant des moissons,
L'accusaient d'être la cause de leurs déboires.

Cet amour chaque jour se trouve renforcé,
Et se charge d'une infinie tendresse.
Mois après mois, année après année,
Cet amour la ronge et la blesse,
Mais elle L'aime sans jamais douter.

Il est accusé de tous les maux de cette terre.
Lorsqu'un innocent meurt, Il est désigné.
Il est accusé de déclencher les guerres,
Sans cesse Il est inlassablement pourchassé.
Alors elle pleure pour Lui dans ses prières.

Et Lui, la Bête, le Damné, le Maudit,
Lui l'Ange déchu, exilé aux Enfers,
Lui qui fut un jour chassé du Paradis,
Pour avoir oser douter des actions du Père,
Il sent l'amour de cette femme qui pleure pour Lui.

Il est ému par tant d'amour et de bonté,
Et Celui qui ne suscite que peur, haine et violence,
Connaît enfin le bonheur d'être aimé,
Mais un bref instant, car déjà les flammes dansent,
Et sur le bûcher se meure sa bien-aimée.

Elle l'aime, Lui la Bête, le Damné, le Maudit,
Et s'apprête à quitter cette terre,
Le c½ur gonflé de l'amour qu'elle a pour Lui,
Car les Hommes ont décidé de brûler la sorcière,
Puisqu' elle L'aime et que c'est interdit.


Lady Evil - 06/04/2007

# Posté le lundi 20 octobre 2008 16:10

LES ENFANTS DE LA TERRE

Ce soir de pleine lune
Dans la lande couverte de brume
Nous avons tous rendez-vous
Pour célébrer la danse des fous
Faisant fi des convenances
Nous allons entrer dans la danse

Rejoins-moi, dans le cercle de lumière
Rejoins-moi, célébrons la naissance de la terre
Soyons libres, cette nuit est faite pour nous
Soyons libres pour une fois d'aller au bout
De nos peurs ou de nos rêves, ce soir, plus de tabous
Rejoins-moi, la brume nous habille et nous rend fou
Rejoins-moi, dans le cercle de lumière
Rejoins-moi, célébrons la naissance de la terre.

Sous nos masques, l'anonyma est un atout
Ce soir, c'est la fête, la fête des fous
Si toi aussi, tu entends cet appel,
Viens avec moi, déploies tes ailes
Casses ton cocon, brise ta chrysalide
Et danse jusqu'à en avoir la tête vide.

Ce soir, plus de jeunes ni de vieux,
Plus de pauvres ni de riches,
Plus de démons ni de dieux,
Plus d'alcooliques ou de fumeurs de hashish,
Rien que des fous, libres et heureux,
De chanter, de danser, et d'aller deux par deux.

Rejoins-moi, dans le cercle de lumière
Rejoins-moi, célébrons la naissance de la terre
Nous sommes vivants, qu'importe les tabous
Nous voulons vivre, légers et libres comme les fous,
Sans préjugés et sans contraintes,
Mais avec fougue, sans pleurs, ni plaintes,
Rejoins-moi, dans le cercle, toi mon frère,
Rejoins-moi, nous sommes les enfants de la terre.





Lady Evil – 26/10/2005
(écrit pour Alexandre et son groupe à l'approche d'Halloween)

# Posté le lundi 20 octobre 2008 16:12

LES YEUX D'UN CHAT

Regarde dans les yeux d'un chat
Et dis-moi ce que tu y vois.
N'y vois-tu pas un bout d'éternité ?
Car de tout temps il est à nos côtés.

N'y vois-tu pas l'histoire des hommes,
Des rivages du Nil, aux cirques de Rome ?
Ami de Cléopâtre et voisin de César,
Se dorant au soleil ou déambulant le soir.

Témoin de nos peurs ancestrales,
Il connaît notre histoire, ce petit animal.
Il a vu s'ériger les pyramides sous le soleil couchant,
Et c'est inscrit dans son regard troublant.

Regarde dans les yeux d'un chat
Et dis-moi ce que tu y vois.
N'y vois-tu pas la liberté ?
Liberté de vivre et de penser.

N'y vois-tu pas un bout de savane,
Où ces cousins les lions lentement se pavanent ?
Et lorsqu'il te regarde, les oreilles en arrière,
Dans son feulement, n'y vois-tu pas une panthère ?

Et ce joli petit fauve miniature,
Qui dort paisiblement sur le capot de nos voitures,
A subit de notre part bien des mésaventures,
Lorsque cruellement l'homme lui a infligé des tortures.

Il a connu bien des déboires
Lui aussi, lorsqu'il est né noir.
Ce n'est hélas pas une fable,
On l'a accusé d'être le diable.

L'homme s'étonne encore de trouver hautain,
Le regard droit et fier de ce petit félin,
Moi, je le trouve emprunt d'une grande beauté ;
Et lorsque je regarde dans les yeux d'un chat, je suis émerveillée.




Lady Evil – 31/05/2007

# Posté le lundi 20 octobre 2008 16:15

J'IRAI CUEILLIR

J'irai cueillir sur tes lèvres,
A l'heure où s'achèvent les rêves,
Ces quelques gouttes de rosée
Que ton souffle aura déposé.

Et dans ce petit jour,
J'irai cueillir l'amour
Au creux de tes bras,
Et m'endormir près de toi.

J'irai cueillir dans les prés,
Mes plus belles pensées,
Pour te les offrir en cadeau,
Et qu'elles s'envolent très haut.

J'irai cueillir les nuages
Qui survolent le paysage,
Pour qu'ils enrobent ton c½ur
D'un cocon de douceur.

Et lorsque tout sera gris,
J'irai cueillir la vie
Que tu repeins en rose
Pour que la joie explose.

J'irai cueillir au firmament,
Ces rayons rouge sang
Du lever du soleil,
Pour qu'ils réchauffent ton sommeil.

Et lorsqu'à bout de corps,
J'irai cueillir la mort,
Je partirai le c½ur léger,
Puisqu'ici bas tu m'as aimée.



Lady Evil – 15/06/2007

# Posté le lundi 20 octobre 2008 16:18